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Décembre ou le mois de la Sainte Consommation, billet d’humeur sur la frénésie de Noël #2

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Jingle bells, jingle bells. Votre attention s’il vous plaît, je déclare ouvert le mois de la Sainte Consommation. Amen.

Le début du mois de décembre marque l’entrée de notre société dans une nouvelle dimension. Une dimension dans laquelle règnent la surabondance de biens et une avalanche de sollicitations visuelles. Je dépense donc je suis : le conditionnement de nos petits cerveaux tout bien réceptifs.

Les cadeaux imposés de Noël ou la furie consumériste

Achète. Plus c’est technologique, mieux c’est (allo t’as pas encore l’IPhone 8 ?) Plus c’est cher, mieux c’est. Plus ça brille, mieux c’est. Peu importe l’objet. Il FAUT avoir quelque chose à offrir. Peu importe l’obsolescence programmée, peu importe les attentes de la personne qui va recevoir le cadeau. Puisque si t’es déçu par le présent sous le sapin, tu pourras vite fait bien fait le revendre sur Internet dès le lendemain, histoire de te faire au passage un peu de sous, c’est bien le but non ?

Les catalogues…

Le discours dominant a réussi à persuader les parents que le bonheur de leurs enfants résidait dans l’abondance des biens de consommation. D’ailleurs, pendant les fêtes, on sera envahi de catalogues bien ciblés : des consoles, des héros et des voitures pour les petits garçons forts ; des dinettes et des poupées roses pour les petites filles douces et gentilles.

Maman ne sera pas en reste : le dernier robot multi-fonctions l’attend sous le sapin. A moins qu’elle ne préfère le gaufrier nouvelle technologie ? Aussi, pour Madame, les catalogues mettront en avant d’élégantes tenues genre robes de soirée avec accessoires et tout et tout. Vous n’alliez quand même pas remettre celle de l’année dernière.

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Crédit Photo CultureDot

La standardisation de la table de Noël

Donc tout s’achète, surtout le repas de Noël. Vous sentez le stress monter à l’approche du réveillon ? Quoi, vous n’avez pas encore trouvé la volaille ? Ni la bûche ? La standardisation est telle que même dans le domaine culinaire, les tables des français se ressemblent toutes. Course au foie gras, au saumon, à la volaille et à la bûche. Et que ce soit clair : même les pauvres ont droit au foie gras hein. Pour cela, on choisira du bloc reconstitué de Bulgarie, c’est moins cher. La qualité ? Voyons, ce n’est pas la question, l’important est d’avoir du foie gras à sa table, ça fait bien. Et le chapon, pour l’avoir pas cher, il ne faudra pas le rêver fermier et élevé en plein air, celui en batterie fera l’affaire.

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Pas de Noël sans chocolats. Pas besoin d’aller bien loin. Ils forment des pyramides dès l’entrée de l’hyper. Fourrés, à l’alcool, à l’amande, aux fruits, au praliné, au chocolat accessoirement, à l’huile de palme assurément. Bonne nouvelle : le 26 décembre, ils seront à -50%. Vous pourrez encore faire plaisir aux intéressés…ou pas.

Bref, une période bizarre que celle de Noël et du 31, bourrée de clichés. Comme si le plaisir de se réunir dépendait de Noël et ses aspects matériels, comme si l’amour et la reconnaissance passait par une table débordante et une montagne de cadeaux. Une pensée au passage à tous ceux qui sont « hors cibles » : sans famille, seuls, âgés, pauvres (et tout à la fois 🙁 )

Comme dirait l’autre : « Je consomme, tu consommes… nous sommes cons » mais l’essentiel ne s’achète pas. Après la crise de foi/foie, après le 31 décembre, vous pourrez reprendre une activité normale.

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