Terroir et qualité : les différences entre AOC, AOP et IGP

Un point commun à ces 3 labels : ils concernent l’origine d’un produit.

AOP : Appellation d’Origine Protégée

L’AOP est un label européen créé en 1992 qui protège « la dénomination d’un produit dont la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté » En gros, la zone de protection doit être délimitée, et un certain savoir-faire respecté.

aop

AOC : Appellation d’Origine Contrôlée

L’AOC est un label français de qualité certifiant l’origine des produits alimentaires d’un terroir particulier et traditionnel, valorisant un savoir-faire et permettant au producteur de se protéger contre les imitations. De par son cahier des charges, l’AOC est simplement considérée comme un plus protectrice du terroir que son équivalent européen AOP.

Depuis 2009, le logo européen AOP est obligatoire sur les emballages des produits bénéficiant du logo AOC français.

Et quid de l’IGP ?

L’IGP qui signifie Indication Géographie Protégée est aussi un label européen créé en 1992, visant à garantir l’origine géographique mais encore « la qualité, la réputation ou toute autre caractéristique pouvant être attribuée à cette origine géographique »

Sans ce label, n’importe qui pourrait fabriquer n’importe où un produit de terroir spécifique, et en utiliser le nom. Ainsi, la production et/ou la transformation doivent avoir lieu dans l’aire géographique déterminée par le label.

Exemple avec l’IGP canard à foie gras du Sud-Ouest : le foie gras provient de canards élevés dans le Sud-Ouest et non pas en Bulgarie ou en Roumanie. Les fraises du Périgord ne viennent pas d’Espagne. Le Haricot Tarbais n’est pas produit dans la Loire. Le Laguiole ne vient que du plateau de l’Aubrac et pas d’ailleurs …

Il faut néanmoins faire une nuance : dans le cadre de l’IGP, toutes les phases d’élaboration ne sont pas obligatoirement réalisées dans l’aire géographique en question.

Pour résumer : les produits bénéficiant de l’IGP sont un gage de qualités liées au terroir proprement dit, alors que ceux AOC un gage de qualité globale supérieure pour le consommateur puisque toutes les phases d’élaboration doivent aussi être réalisées dans l’aire géographique et la reproduction du produit est interdite hors de son terroir.

Attention aux arnaques

Les cas douteux les plus célèbres concernent l’huile d’olive de Provence, les jambons de Bayonne, la charcuterie corse ou encore le camembert de Normandie.

Certains jambons de Bayonne ne seraient que salés et séchés au Pays Basque entend-on souvent, les porcs venant de partout en France et dans le monde ! Heureusement l’IGP depuis 1998 limite un peu la casse puisque la zone d’élevage des cochons doit s’étendre à 22 départements du grand Sud-Ouest (des Pyrénées à la Haute-Vienne)

Symbole de la gastronomie française, le camembert de Normandie n’aurait de Normandie que le nom. C’est d’ailleurs le fromage français le plus imité. Bien qu’il existe une AOC « Camembert de Normandie », quelques fabricants ont trouvé la parade pour inonder les grandes surfaces de leur pseudo camembert : utiliser la mention « Camembert fabriqué en Normandie » qui elle n’est pas protégée. On joue sur les mots !

« Fabriqué en Normandie » à la place de « de Normandie » = du lait pasteurisé (de Chine) à la place du lait cru (de Normandie), un affinage express, une origine géographique indéfinie … puis le marketing fait le reste.

La charcuterie corse (coppa, lonzo et jambon sec) vient juste d’être protégée cette année 2012 par une AOC afin de stopper les imports de porcs bretons ou roumains à la place des cochons corses !

Quant à l’huile d’olive, préférez, en plus des AOC connues, le logo Huile d’Olive de France, un label créé par l’association française interprofessionnelle de l’olive, garantissant des olives récoltées et pressées en France. Cela vous évitera les sales mélanges d’huiles espagnoles, marocaines et de tournesol …

Aujourd’hui, la région en France qui possède le plus grand nombre d’AOC AOP et IGP est la région… Midi-Pyrénées avec 106 signes de qualité, rien que ça. Si le bonheur est dans le pré, il est aussi dans l’assiette ; le terroir ça se défend !

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28 réponses

  1. Mireille Chevalier dit :

    Merci pour votre article.
    Juste une petite remarque : vous écrivez : « les produits bénéficiant de l’IGP sont un gage de qualités liées au terroir proprement dit, alors que ceux AOC un gage de qualité globale supérieure pour le consommateur puisque toutes les phases d’élaboration doivent aussi être réalisées dans l’aire géographique » : attention cela ne garantit pas à lui seul la « qualité », mais l’origine réelle et contrôlée d’un produit. Bien évidemment la qualité est l’objectif n°1 des personnes impliquées dans une AOC ou une IGP, mais ce n’est pas le fondement de ces appellations.

    • nadasto dit :

      Oui c’est exact. C’était pour signifier que pour le consommateur final, cela donne une image de qualité.

      • tomasi dit :

        Pour dire ça dit rien

        • Atout dit :

          Bonjour,

          Hélas bien d’accord avec tomasi, la petite phrase :

          « Il faut néanmoins faire une nuance : dans le cadre de l’IGP, toutes les phases d’élaboration ne sont pas obligatoirement réalisées dans l’aire géographique en question. » peut elle aussi valoir son pesant de tromperie…

          Normalement l’appellation « AOC » n’aurait pas dû être vidée de son contenu justement par le fait que l’état français a été contraint (il faut le dire !) par l’ europe et surtout par des pays qui sont très intéressés à pouvoir « copier » sans véritable contrôles, à « affaiblir sa garde » protectrice de ses terroirs en laissant se créer une appellation « AOP » quand même « passe-partout »…

          Cela noie la traçabilité et à long terme, sous la pression des lobbies ou du traité transatlantique, recul après recul, l’acheteur ne pourra plus rien vérifier du tout, déjà que c’est même aujourd’hui loin d’être facile !

          Déjà que Leclerc et carrefour, en toute illégalité, lèse les producteurs corses de clémentines (les seules durant 4 décénies à être reconnues gràce à leurs feuilles) en les concurrençant et en inventant une appellation à eux (« clémentines avec feuilles) avec des fruits venant d’Espagne…

  2. pozzi dit :

    quelles sigles assure un produit franco français de a à z ?

  3. MB BMSM dit :

    Attention : A changer au plus vite sur votre site, le logo européen AOP est rouge et non pas bleu !!!! On se demande où vous l’avez trouvé celui là !

  4. Ced dit :

    La volaille de bresse est la seule volaille AOP
    C’est un produit français de A à Z 🙂

  5. concernant le vin nous avions autrefois le vin de table
    le vdqs
    et l’aoc
    c’était simple et clair
    aujourdh’ui avec aop, igp le consommateur est perdu
    sans compter la multitude de petits labels commerciaux

    ah ..l’europe l’europe !!!!!!!

  6. Titilleleretour dit :

    Attention, Laguiole ne possède pas d’IGP pour le moment!

  7. Lasalle dit :

    Salut à tous c’est Lasalle

  8. Florian dit :

    Pour le vin il gaidrais rentrer plus dans les details avec les volumes par ha autorisés etc

  9. Anic dit :

    Bonjour,

    Attention de ne pas accuser l’Europe à tord, il ne faut pas oublier que la France est un des principaux pays agroalimentaires d’Europe mettant en avant ses spécificités régionales et que c’est souvent elle qui soumet, via les politiques, les demandes des industriels mastodontes français.
    un exemple dans les année 80 les industriels français faisaient un lobying intense au niveau de l’Europe pour interdire le lait cru et les produits à base de lait cru ayant essuyé un refus du gouvernement à l’époque et l’Europe leur a aussi dit non.
    La notion d’ AOC échappait à ces industriels car établie pas le collectif des petits producteurs au prorata de leur production. Dans l’AOC il y a en plus la précisions des volumes (Hectolitre/hectare pour le vin) des indications de variété (cépage pour le vin, variété d’olive pour les huiles d’olives) et des procédés de fabrication (bactérie pour les fromages, mode de fermentation et type de lait utilisé). Le cahier des charges des AOC n’est pas arrêté de manière définitive mais évolue fortement en fonction des besoin économiques.A l’origine, dans l’AOC Corbières il n’y avait pas le plan Syrah, maintenant il est obligatoire à plus de 40%.
    Un autre exemple un très gros industriel des produits laitiers, en mettant la main sur la plus grosse fromagerie AOC de Camembert a mis la main sur l’AOC camembert (en nombre de parts). Il veut faire évoluer l’AOC en supprimant la référence au lait cru et en autorisant des procédés de fabrication industriel. Ce faisant il veut vider l’AOC Camembert de son contenu au point que les grands chefs ont lancé en 2018 une alerte sur la dérive de qualité. comme vous pourrez le voir sur ce site: https://www.bfmtv.com/societe/de-grands-chefs-denoncent-la-mise-a-mort-du-camembert-de-normandie-1446408.html
    De manière générale préférez une AOC d’un producteur local bien identifié et non industriel affichant un produit affichant une AOC sans traçabilité de ses « mélanges ».
    Une véritable AOC est un produit dépendant des conditions naturelle donc avec une certaines variation de goût d’une année sur l’autre.
    Hors cette variation de goût est la hantise des industriels qui veulent imposer un goût standardisé et identique d’une année sur l’autre qu’ils peuvent faire évoluer à leur convenance
    juste une précision pour le Laguiole, il ne faut pas confondre le fromage (bénéficiant d’une AOC) et le couteau
    Bien à vous

  10. babelouest dit :

    Bonjour, et que deviennent les VDQS là-dedans ? On les a casés tant bien que mal dans les IGP, ou certains sont passés AOP ?

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