Du bleu dans la ville rose, sur la route du pastel en Midi-Pyrénées

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Une fois n’est pas coutume, partons à la découverte de quelque chose de non comestible 😉 mais typique de ma région : le pastel.

Qu’est ce que le pastel ?

Le pastel est une plante crucifère, de son nom latin « Isatis tinctoria », apparentée à la famille des choux, radis, colza, etc… dont les feuilles donnent après extraction un bleu, le bleu pastel.

Les fleurs, à pétales jaunes, sont groupées en grappes ; les fruits sont des siliques de petite taille et les feuilles sont récoltées pour produire la teinture. On obtient la couleur particulière du bleu pastel par oxydation d’un jus verdâtre. En la mélangeant à d’autres teintures, on peut réaliser d’autres colorations (verts, pourpres) d’excellente qualité.

L’histoire et la fortune du pastel, l’or bleu de Toulouse

L’origine du pastel remonterait à l’Antiquité avec les Égyptiens. Le pastel est probablement apparu en Europe au début du 12ème siècle, introduit par les Maures et reconnu pour ses vertus médicinales et cicatrisantes.

Pour se développer, le pastel a besoin d’un sol riche, siliceux, calcaire et argileux : le climat et les terres du triangle Toulouse-Albi-Castelnaudary sont particulièrement propices à sa culture. Cette région est le Lauragais (le pays du cassoulet, mais là, ce n’est pas le sujet! 🙂 ) appelée également Pays de Cocagne. L’expression vient des « coques », ces boules de feuilles de pastel, représentant la dernière étape du traitement de la plante.

Le triangle du Lauragais, terre de pastel

Champs de pastel dans le Lauragais

Coque ou cocagne de pastel

La culture du pastel atteint son âge d’or en France, entre 1463 et 1562 au moment des guerres de religion. Durant le 16ème siècle, la région devient même le plus grand grenier à pastel de tout le continent ! Toulouse et toute l’Occitanie est alors la plaque tournante de ce négoce. Près de 40 000 tonnes par an sont exportées vers Londres, Anvers, Hambourg ou même l’Orient, via Marseille et Bordeaux. Les négociants toulousains s’enrichissent et se font construire de superbes hôtels-palais de style Renaissance, qui constituent aujourd’hui l’un des trésors du patrimoine toulousain, les fameux hôtels particuliers des pastelliers.

Hôtel particulier Bernuy – Toulouse

Hôtel d’Assézat – Toulouse

La période faste du commerce du pastel s’achève au milieu du 16ème siècle avec l’arrivée du bleu indigo, rapporté des Indes par les portugais et les espagnols. La culture du pastel disparait presque totalement à la fin du 19ème, avec le développement des teintures chimiques bleues.

Dans le Tarn, à Lavaur, le musée du pastel retrace l’histoire passionnante de sa culture et de sa prospérité.

Musée du pastel à Lavaur
http://www.pastel-chateau-musee.com/musee.htm
Château-Musée de Magrin
81220 St-Paul-Cap-de-Joux
Tél : 05 63 70 63 82

La renaissance du pastel avec les produits cosmétiques

Aujourd’hui, les techniques des pastelliers sont remises au goût du jour dans la région. Le pastel est de nouveau utilisé dans la coloration des textiles mais aussi dans la cosmétique du fait des vertus dermatologiques de son huile. A Toulouse, la société qui commercialise ces produits cosmétiques est Cocagne et Compagnie avec ses magasins Graine de Pastel, dans lesquels la plante (et le bleu !) est déclinée en crème, huile, savons et aussi linge de maison à la teinture naturelle. Une très chouette boutique !

Boutique Graine de Pastel

http://grainedepastel.com
12 rue Tolosane – Toulouse

Une autre région connue pour son bleu pastel est la région de Lectoure dans le Gers :

http://www.bleu-de-lectoure.com

Également en projet : un spa de 700 m2 à Labège, en banlieue de Toulouse, pour des soins de beauté à base d’huile de pastel et un musée consacré à la plante.

Comme quoi, il n’y a pas que la violette à Toulouse !

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12 Commentaires

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  8. bonsoir,
    je découvre ce site alors que je regardais ce qui se dit sur le bleu pastel (je viens de publier un article sur le bleu pastel à Cordes sur Ciel)
    vais regarder un peu le reste
    belle soirée
    sylvie

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  10. Aujourd’hui en janvier 2017 nous ne pouvons voir la production de pigment et dérivés du pastel uniquement au Château de La serre dans le Tarn. A ce jour c’est le seul lieu ou vous pouvez découvrir la chaine de transformation de la plante. De la graine au pigment en passant par les champs, la teinture et la transformation en cosmétique le tout sans molécules chimiques de synthèse est présenté au public sans secrets ni tabous contrairement au autres endroits ou un mythe est entretenu sans raison . Une indigoterie est un lieu très important qui nécessite une infrastructure qui ne peut passer inaperçue. Lorsqu’on vous parle de pastel,exigez de voir les champs et le lieu de transformation car il y a beaucoup d’usurpation en pays de cocagne.

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